Dereck Landy
Skully Fourbery

Un squelette détective, ce n’est pas assez original pour que vous ayez envie de lire ce livre ?

A la mort de son oncle Gordon, brillant écrivain, Stéphanie hérite d’une maison, des droits d’auteur de ses livres et de quelques grosses surprises… L’une d’entre elle se nomme Skully Fourbery, un homme, ou plutôt un squelette détective qui a la gentillesse de lui sauver la vie. Stéphanie n’est pas du genre à se laisser faire pourtant et c’est ainsi qu’à à peine douze ans, elle se retrouve à enquêter sur de drôles d’affaires aux côtés de Skully. C’est la découverte d’un tout nouveau monde qui l’attend et la visite s’annonce quelque peu mouvementée.

Ce qui m’a tout de suite plu dans ce livre, c’est l’idée même du squelette détective. J’y ai trouvé quelque chose d’original et de plutôt amusant.

Landy nous emmène dans un drôle de monde au cœur de Dublin. Voilà déjà quelque chose qui fait plaisir… Exit les grandes villes américaines et la trop classique Londres ! Vous n’aurez pas franchement le temps pour faire du tourisme non plus. Le récit suit un rythme effréné. On peut dire que ça ne s’arrête jamais. Il n’y a pas eu un chapitre durant lequel je me suis ennuyée. Il m’a même parfois fallu reposer le livre pour prendre le temps de digérer tout ce qui venait de se passer. Le monde dans lequel évoluent Skully, Stéphanie et les autres est fait de toutes sortes de spécificités : il a ses propres règles, son passé, son présent, ses méchants emblématiques, etc. Je dois vous avouer qu’au début, je trouvais l’Histoire du monde un peu trop semblable à Harry Potter : un grand méchant a rassemblé des alliés et a provoqué une guerre dont chacun se souvient. Si l’influence des Harry Potter sur ce livre n’est pas exclue, elle est finalement assez faible. Le reste de l’univers est totalement original. Il y a certains détails que j’ai particulièrement appréciés comme la théorie des noms que je vous laisserai découvrir par vous même. Ce premier tome pose évidemment les bases de ce monde. Nous le découvrons en même temps que Stéphanie. Il y a des choses un peu moins claires qui s’éclairciront sûrement au cours des prochains tomes. La plume est simple sans être simpliste. Au cours du récit, nous suivons donc Stéphanie mais certains chapitres reprennent le point du vue d’autres personnages, alliés comme ennemis. Ces passages rajoutent un peu de suspens à un récit qui en contient déjà pas mal.

« -Vous auriez pu passer par la porte. »
« -Je laisse ça aux gens sans imagination. »

Le personnage de Skully est très intéressant. Dois-je vous rappeler que c’est un squelette ? Au delà de ça, il y a eu une vraie réflexion autour de son passé : qui était-il ? D’où venait-il ? Comment est-il devenu un squelette ? Par quels sentiments est-il habité ? Malheureusement, c’est le seul personnage pour lequel j’ai ressenti autant de travail. Dans le cas de Stéphanie, par exemple, j’avais l’impression de me retrouver face au cliché même de l’héroïne de littérature jeunesse un peu bâclée : solitaire, style quelconque, personnalité discrète mais qui se rebelle pile au bon moment… Bref, on dirait qu’elle s’adapte à l’histoire que l’on veut raconter plutôt que de la raconter cette fameuse histoire… J’espère sincèrement que son personnage va évoluer durant les tomes suivants. Quant aux autres, ils servent uniquement le récit. Pour l’instant, ils n’ont pas vraiment de passé ou de personnalité complexe mis à part quelques trahisons… Une petite déception de ce côté-là donc. Je me rends bien évidemment compte qu’il s’agit d’un défaut familier à la littérature jeunesse. Il faut de l’action avant tout.

Même s’il s’agit d’une série de 11 tomes (4 tomes traduits en français chez Gallimard jeunesse), vous pouvez très bien vous arrêter après le premier tome. En effet, la fin ne laisse aucun clifender. Je trouve cela positif d’une part pour éviter de se décourager devant le nombre de tomes à lire ou si la suite devient introuvable. D’autre part, cela permet aussi de lire le tome 2 très longtemps après le premier sans se sentir perdu.

En conclusion, il s’agit d’un bon premier tome qui pose les bases d’un univers assez intéressant. Il est très rythmé mais manque de travail pour la plupart des personnages. Je me réjouis tout de même de lire la suite prochainement.

 » La mort brutale de Gordon Edgley fut un choc pour tout le monde, surtout pour lui. « 
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