Fiona McIntosh
Le sang

Il est toujours compliqué de parler d’un tome 2 sans avoir chroniqué le premier tome, au risque de trop en révéler pour ceux qui ne l’ont pas lu. C’est pourquoi j’ai décidé de vous faire un résumé de l’intrigue en général.

Le dernier souffle c’est l’histoire de Wyll Thirsk, général de l’armée de Moragavia, mais c’est aussi l’histoire de tout un peuple. A la mort de son père, Wyll, encore enfant doit rejoindre la cour morgavienne de Pearlis. Ainsi, sous la tutelle du roi Magnus, il doit apprendre à devenir un homme pour, à son tour, diriger l’armée. Wyll grandit alors aux côtés du sadique et calculateur Célimus, prince de Morgavia.

Devenu un jeune homme, Wyll se retrouve contraint par le Machiavélique Célimus d’assister à la torture et l’exécution d’une sorcière présumée. Malheureusement, il n’est pas dans la nature des Thirsk de laisser une innocente souffrir sans intervenir. Pour le remercier, la jeune femme lui fait cadeau d’un don quelque peu particulier… Don qui pourrait s’avérer très utile lors de l’arrivée de Célimus au pouvoir…

« Un chien avait hurlé dans la nuit – mais peut-être était-ce un loup ? Elle se demanda s’il était pris dans un piège posé par des braconniers… ou s’il criait son désespoir à la lune d’avoir perdu sa femelle. Elle comprenait ce qu’il pouvait ressentir ; la tristesse de son hurlement faisait écho à la sienne.« 

Le sang était, je pense, le titre le plus approprié pour ce tome. En effet, il est beaucoup plus sombre et sanglant que son prédécesseur. Âmes sensibles, s’abstenir.

L’évolution de l’histoire dans toute l’horreur de sa splendeur est intéressante. L’auteur a certain talent pour les rebondissements : parfois le déroulement des événements peut vous paraître trop évident et là, au moment où vous vous y attendez le moins, tout dérape. C’est génial non ? De plus, comme chaque chapitre suit un personnage différent du précédent, on se retrouve tenu en haleine en permanence. Malgré tout, cela peut être légèrement dérangeant. Par exemple, si vous ne lisez que un ou deux chapitres par jour, vous risquez d’avoir un peu plus de mal à suivre les péripéties des différents protagonistes sans retourner en arrière.

Les personnages, justement, sont tous attachants ; que ce soit les protagonistes les plus importants ou de simples figurants. Tous ont une personnalité complexe qui réagit de manière différente face à un même événement ou de mêmes informations. Ils ont tous leurs doutes et leurs certitudes qui en font des êtres en chair et en os. Et, même si cela est difficile à croire, on peut même s’attacher à Célimus. Il y a un certain charisme dans sa cruauté. D’autres personnages, dont je ne citerai évidemment pas le nom, cachent bien leur vraie nature et surtout leur importance dans l’histoire. S’il faut reprocher quelque chose au niveau des personnages, c’est peut être qu’ils sont très nombreux. Il peut parfois s’avérer compliqué de se remémorer qui est qui.

Le rythme s’inscrit dans l’ambiance pesante. Parfois, tout va trop vite et puis tout ralentit. Les actions s’enchaînent lentement, l’aventure paraît interminable. Même si ces passages plus lents peuvent sembler dérangeants, ils me semblaient refléter un peu plus fidèlement la réalité. En cas de guerre ou d’attaque, l’événement se déroule très vite et puis, ensuite, le monde semble tourner au ralentit. Donc, en dépit de ces petites lenteurs, le récit reste fluide et captivant. Il faut aussi relever que l’écriture de Fiona McIntosh est plutôt directe et sans fioritures ; ce que la traduction n’a eu aucun problème à respecter.

En conclusion, c’est un tome certes très sombre mais qui regorge de richesses, de rebondissements et d’émotions. Le rythme est inquiétant, pesant. Il s’agit là d’une très bonne saga fantasy. Et bonne nouvelle, elle se déroule en trois tomes déjà publiés.

« Il avançait droit devant lui,dans les ténèbres impénétrables de la lande au-delà des grilles – silhouette folle dans une robe de soie couverte de sang et les pieds nus. »
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